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Philippe Arnaud, président du SNPHPU : « Nous allons devoir être vigilants »
Date de modification : 11/12/2009

Quel bilan tirez-vous du congrès du SNPHPU ?

Notre congrès a rassemblé plus de 850 participants, il a été pluridisciplinaire par la présence de médecins, de biologistes, de radiopharmaciens. Les thèmes retenus étaient les maladies chroniques, et la territorialisation. Nous avons consacré une après-midi à un « complément d'enquête » faisant suite au « procès » que nous avions instruit sur l'organisation de l'hôpital.

La loi HPST vous satisfait-elle ? Doit-elle être améliorée ?

Deux choses. La loi a été votée, elle existe. Et il semble que la concertation en vue de la rédaction des décrets d'application ne soit pas la plus démocratique. Les  intersyndicales craignent qu'ils ne soient en fait déjà écrits ! Cela dit, la loi est promulguée, les décrets sortiront, nous nous essayerons de faire au mieux avec.

Mais nous notons une étatisation du système : le Conseil des ministres nomme les directeurs d'ARS, qui pratiquement nomment les directeurs d'établissements, lesquels  pratiquement nomment les chefs de pôles, et ceux-ci participent fortement à l'élection du président de la Commission médicale d'établissement notamment dans la composition qui nous est proposée. Il y a une reprise forte de l'Etat, et la « régionalisation » est en réalité très centralisée.

Cependant nous nous en remettons et faisons confiance à l'intelligence collective pour que tel ou tel ne s'octroie pas des pouvoirs indus.

La territorialisation de la santé vous paraît-elle une bonne chose ? Comment la profession peut-elle s'organiser pour y répondre ?

Les pharmaciens doivent trouver entre eux le meilleur maillage, mettre en commun ce qui peut l'être, et défendre ce qui ne peut pas être mis en commun sous peine d'entraîner un risque sanitaire grave pour le patient. Les acteurs de terrain doivent garder la main. Les activités pharmaceutiques doivent être sous-tendues par le projet médical, pour ne pas être réduites à de simples activités logistiques en contradiction avec notamment notre mission de qualité des soins et de gestion des risques dans le domaine des produits de santé.

Ce qui signifie que la logique du dispositif doit aller jusqu'au bout : il doit y avoir un projet médical pour répondre aux besoins d'un territoire de santé. Nous voulons qu'un volet pharmaceutique soit inséré dans le SROS, car un patient peut être amené dans son parcours de soin à aller en ville, aussi bien qu'en centre hospitalier, au CHU, en HAD... et il faut lui garantir qu'il n'aura aucune perte de qualité tout au long de ce parcours. Le pouvoir doit appartenir à la région, par exemple les achats ne doivent pas être nationaux, mais régionaux pour éviter les risques d'erreurs.

Quels sont les enjeux de l'avenir de la pharmacie hospitalière ?

Le rôle du pharmacien hospitalier est multiple et comprendra demain aussi  les relations avec la ville aussi bien qu'avec le médico-social. La loi met en exergue ce lien, qui - notamment pour nos relations avec la ville - est à construire. Le souci, c'est que nous n'avons pas d'outils performants notamment en termes de système d'information pour cela. Nous espérons un changement à ce niveau. La loi supprime les commissions, nous (les organisations hospitalières) espérons que les hôpitaux recréeront une commission du médicament et des dispositifs médicaux stériles car elle est essentielle à la politique des produits de santé notamment en termes de définition des besoins, de rédaction des protocoles, de bon usage et de sécurisation de l'ensemble du circuit.

Nous sommes par ailleurs convaincus que la CME doit être une expression démocratique de l'ensemble des activités de l'hôpital, et ne pas se réduire à quelques personnes ne représentant qu'une faible partie des activités de l'établissement.

De même, la loi crée le statut, nouveau, de clinicien hospitalier. Il doit être en adéquation avec les exigences professionnelles du pharmacien gérant de la pharmacie à usage intérieur ; et ce dernier doit participer au recrutement de ces cliniciens hospitaliers dont le cursus doit être en rapport avec les missions c'est à dire titulaire du DES de pharmacie.

Un autre point : nous regrettons l'instauration du « développement professionnel continu » qui se substitue à une formation continue hospitalière commune aux médecins et aux pharmaciens. Nous ne voulons pas que ce développement professionnel continu soit organisé de façon à cibler certaines  formations au détriment d'autres pour des raisons politiciennes, il faut garantir l'indépendance des organismes de formation.

Quant à l'éducation thérapeutique, nous disons bravo - mais quelles formations seront agréées par l'Etat, et comment sera assuré le financement ? Les pharmaciens ont toujours été très actifs et moteurs dans ce domaine, soyons vigilants sur la mise en place effective.

Autre souci, les préparateurs en pharmacie hospitalière sont les seuls autorisés à seconder le pharmacien à l'hôpital, mais leur nombre aujourd'hui est inférieur à la demande. Nous voulons être autorisés à continuer à recruter des préparateurs n'ayant pas encore (mais en cours) la spécialisation « pharmacie hospitalière ». Enfin, les pôles : il faut y intégrer les pharmacies à usage interne (PUI).

Les chefs de pôle s'ils ne sont pas pharmaciens des hôpitaux devront respecter les règles de droit applicables à la pharmacie. En effet un pôle peut regrouper jusqu'à 500 personnes voire plus, c'est beaucoup et il n'y a pas autant de personnes dans les pharmacies à usage intérieur !!

Les perspectives sont donc pour le moins contrastées ?

Nous allons devoir être vigilants.

Ainsi les textes en cours concoctés par la DHOS à la suite notamment des affaires de l'an dernier (Saint-Vincent de Paul, entre autres) : des règles seront édictées par le ministère, ainsi qu'un référentiel. Ces textes seront normalement proposés à la concertation syndicale avant la fin de l'année...

Nous souhaitons que le pharmacien, gardien des poisons, continue à être le responsable de la lutte contre l'iatrogenèse, le responsable en charge du bon usage et de la gestion des risques des produits de santé et non que d'autres acteurs dont la qualification dans ces domaines reste à démontrer s'en emparent.

Pour la loi HPST, nous jouerons bien évidemment le jeu, mais chacun doit montrer son efficience. Il est impératif d'éviter que des technocrates sous-traitent certaines activités pour de mauvaises raisons.

Par exemple, nous sommes opposés à la vogue de la sous-traitance, celle-ci a des limites en matière de sécurité sanitaire et d'indépendance des acteurs de santé, et surtout un coût qu'il faut évaluer comparativement à l'existant sans rester uniquement dans le présent mais aussi en se projetant dans l'avenir. Suggérer de sous-traiter les préparations  témoigne du fait que les professionnels de santé d'un côté et les administratifs et les politiques de l'autre n'ont pas le même espace de vue. Un politique voit le plus souvent à quatre ans, guère plus sauf exception. Un directeur d'établissement a un parcours de quelques années seulement dans ce même établissement en général eu égard à son parcours professionnel. Le professionnel de santé, lui, reste généralement au moins une vingtaine d'années dans la même structure hospitalière. C'est pourquoi nous, les professionnels de santé, avons une perspective au moins à 30 ans pour notre système de santé...

Propos recueillis par Alain NOËL

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