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Loi HPST : gare à la primauté de l'économique (Interview de Mariannick Lebot, présidente du Synprefh)
Date de modification : 27/03/2009

Loi HPST : gare à la primauté de l'économique

Interview de Mariannick Lebot, présidente du Synprefh

 

- Que vous inspire la loi HPST que viennent de voter les députés ?

Comme l'INPH auquel appartient le Synprefh, nous n'en sommes pas satisfaits. Depuis plusieurs mois, nous attirons l'attention sur différents aspects, dont le titre 1 concernant l'hôpital. La philosophie qui prévaut est que le directeur de l'hôpital en soit le seul patron, et tout le texte découle de cette idée. Une réforme de la gouvernance est instaurée, selon un schéma pyramidal : le ministre nomme les directeurs d'ARS, ceux-ci nomment les directeurs d'établissements, avec une feuille de route sans doute très économique. Un hôpital ne peut pas fonctionner de cette façon, les praticiens - dont les pharmaciens hospitaliers - doivent être associés à la gouvernance. Il y a par ailleurs une menace sur le statut de praticien hospitalier.

- On ne peut échapper à l'économie...

Certes, mais l'hôpital public doit rester une structure à part et pouvoir prendre en charge tout le monde. Or la loi HPST redéfinit le service public, et prévoit de confier des missions de service public à tous les établissements de santé. Mais les établissements privés pourront choisir leurs missions, l'hôpital public, non. Autre sujet de préoccupation, le conseil exécutif devient directoire et le conseil administratif, conseil de surveillance : on se rapproche des termes en vigueur dans les entreprises. Et le directeur d'établissement devient une sorte de PDG de l'établissement de santé ! Cette logique fait craindre une absence de contre-pouvoirs, alors que dans les conseils exécutifs administratifs et médicaux étaient à parité.

- Espérez-vous une meilleure écoute des sénateurs, qui examinent le projet de loi à partir du 11 mai ?

Nous rencontrons les parlementaires, députés et sénateurs, depuis plusieurs mois. Les sénateurs semblent plus disposés à rééquilibrer le dispositif. Nous verrons d'ici quelques semaines.

- Que pensez-vous du projet de territorialisation de la santé ?

Une chose est essentielle à nos yeux : la sécurisation du circuit du médicament. C'est, paraît-il, difficile pour des raisons économiques. Notre espoir est que le ministère prenne conscience des enjeux. D'autres industries (chimique, nucléaire...) ont mis les moyens en ce domaine, nous, non : ni la prescription, ni la dispensation, ni l'administration ne sont sécurisées. On constate des erreurs, qui seraient évitables. Nous pensions à un projet national, et la loi va vers des projets régionaux. Les ARS vont coordonner au niveau régional, nous pensons préférable de coordonner au niveau national, faute de quoi des disparités régionales surgiront, en fonction des différentes ARS. Nous demandons un programme national de sécurisation du circuit des produits de santé...

- Ces questions seront au programme d'Hopipharm ?

Bien sûr, parmi d'autres sujets. Congrès annuel du Synprefh, Hopipharm a l'ambition d'aborder aussi bien les aspects syndicaux que professionnels et scientifiques - comme les biomarqueurs, l'adaptation des thérapeutiques, c'est-à-dire la pharmacogénomique et ses futures adaptations, ainsi que l'adaptation pharmacocinétique classique. Et en matière d'actualité syndicale, nous évoquerons le nouveau statut du praticien hospitalier.

Hopipharm est un espace d'échanges, avec : des tables rondes entre autres sujets sur les EHPAD, la permanence des soins, la permanence pharmaceutique, la pharmacie d'urgence, les rôles et missions des préparateurs en pharmacie hospitalière, l'évaluation des pratiques professionnelles. En ce domaine également, des modifications sont annoncées, comme en témoigne l'article 19, très préoccupant. La formation continue est un sujet important. Seront par ailleurs proposés aux congressistes de nombreux ateliers en petites salles sur un  grand nombre de sujets. Nous avons la volonté d'élargir les échanges...

- Quels sont les enjeux de l'avenir de la pharmacie hospitalière ?

La sécurisation du circuit des produits de santé, et le développement de la pharmacie hospitalière dans la pharmacie clinique - outre différents aspects, tels les préparations ou encore la traçabilité...

On dispose de possibilités techniques nouvelles, comme les programmes d'informatisation, d'automatisation, les lecteurs de codes-barres. Il faut travailler avec l'industrie pharmaceutiques pour développer les conditionnements unitaires et la possibilité de lecture des codes-barres...

Propos recueillis par Alain NOËL

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