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Une enquête sur les pratiques dans le secteur dispensations nominatives spécifiques
Date de modification : 06/06/2013

« Audit interne du secteur dispensations nominatives spécifiques d'une pharmacie à usage intérieur
d'un CHU » est apparu au comité de rédaction du Pharmacien Hospitalier et Clinicien comme un
article très informatif. S'il ne valide pas tous les critères demandés pour les publications scientifiques,
ce type d'étude est effectivement "essentiel au renfort de la sécurité, de la performance et de
l'efficacité de tout secteur d'activité d'un service désireux de sécuriser et d'améliorer ses pratiques."

Pour accéder à cet Audit veuillez suivre ce lien.

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La sécurisation du circuit du médicament, l'exemple de Valenciennes
Date de modification : 05/06/2013

Assurer la sécurisation maximale du circuit du médicament est un objectif que visent tous les professionnels de santé, notamment hospitaliers. Le Centre Hospitalier Jean Bernard, à Valenciennes, a mis en œuvre - dans un premier temps dans deux services pilotes - une automatisation allant de la prescription à la dispensation au malade. Une expérience appelée à être étendue.

Site impliqué dans la traçabilité du médicament, le Centre hospitalier de Valenciennes s'attache à accroître la sécurisation de la distribution du médicament, garante d'une meilleure prise en charge du patient. Depuis le début de l'année s'est mise en place un mode d'organisation alliant la robotisation et une nouvelle approche des métiers du soin : médecin, pharmacien hospitalier, infirmière. « La dispensation nominative automatisée se pratique déjà dans quelques établissements, indique Etienne Cousein, pharmacien, responsable du projet de la nouvelle pharmacie (*).

Tout a commencé, rappelle Marie-Agnès Urbina, pharmacien chef de service, « en 2005 quand l'établissement a signé avec l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) un contrat de bon usage comprenant l'informatisation du circuit médicamenteux - associée à la dispensation nominative. - en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). Ce qui représente aujourd'hui 900 lits sur les 1 800 que compte l'hôpital. Cet objectif de sécurisation découle de l'évolution de la réglementation, qui se renforce, ainsi que de la construction du nouveau bâtiment.»

L'informatisation de la prescription, précise-t-elle, « est suivie de l'analyse de la prescription par les pharmaciens. Les doses à administrer sont transmises aux soignants, on a une centralisation, une robotisation, qui augmente la rapidité et la sécurité. Et pour ce que la pharmacie ne peut pas « produire », des armoires sécurisées ont été mises en place. »

Etienne Cousein précise que faute d'assistance informatique, l'analyse de la prescription est encore faite « à la main » par les pharmaciens, mais que l'équipe « travaille avec des fournisseurs de logiciels informatiser la procédure ainsi que le DP. »

Il juge que « la sécurisation doit aller de la logistique à la dispensation. Sinon, cela n'a pas de sens. Le service pharmaceutique s'occupe de tout, à partir d'une prescription il va jusqu'à la dispensation » et signale le montant de l'investissement : 2 millions d'euros. Il s'agissait, rappelle-t-il, « d'assurer la dispensation nominative pour les lits MCO ; de recentrer les intervenants sur leur cœur de métier ; de sécuriser le circuit du médicament ; de maîtriser les coûts des traitements médicamenteux, notamment en évitant les pertes ; d'adapter le circuit du médicament à la taille de l'hôpital. »

Logiciels et robot d'extraction

Pour le stockage, la pharmacie compte à ce jour 5 stockers (Hänel) - qui font gagner 60% de surface au sol, et du temps - et quatre armoires sécurisées (3 dans les services de soins, une dans l'unité de soins de suite)(CareFusion)

Le logiciel Copilote Santé (Savart et Michel), « assistant logistique », est l'interlocuteur du service pour la gestion des stocks, présent aux deux extrémités de la chaîne. Il pilote les systèmes automatisés de manipulation et de stockage, tant pour le rangement que pour l'extraction.

Tout part, souligne Etienne Cousein, « de la prescription médicale, transmise à la pharmacie depuis un ordinateur portable. Les pharmaciens procèdent à l'analyse pharmaceutique, puis le robot (Swisslog) prépare les doses. Quand la pharmacie est fermée, et pour la traçabilité, on utilise des armoires sécurisées (CareFusion), que les infirmières peuvent ouvrir. » En fait, « aucun hôpital de travaille avec un logiciel unique qui informe les services. Nos contraintes sont : la surface de stockage, l'efficacité de la dispensation globale, la distribution nominative, la distribution du médicament quand la pharmacie est fermée. » D'où l'intérêt d'une alliance, en synergie, « de plusieurs systèmes. » Les médicaments d'un patient sont rassemblés dans des sachets dotés d'un code barres propre au patient, ils seront ensuite réunis pour l'administration. » Le système Pillpick (Swisslog) permet, lui, de déconditionner pour préparer des doses unitaires, dans les mêmes conditions de sécurité et de traçabilité (numéro de lot, date de péremption. Une fiche de contrôle pour tracer le produit, la date, l'identité du préparateur)..

Le dispositif continue de se perfectionner, et s'étendra des services pilotes à l'ensemble de l'hôpital. Enfin, la sécurisation du circuit du médicament sera parachevée avec l'arrivée du dossier (informatisé) patient, prévue pour 2011.

Alain NOËL

(*) L'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) réalisera cette année une enquête sur l'automatisation dans les établissements de santé. Rappelons que l'ANAP issue de la loi HPST regroupe la Mission nationale d'appui à l'investissement hospitalier (MAINH), la Mission nationale d'expertises et d'audits hospitaliers (MEAH) et le Groupement pour la modernisation du système d'information hospitalier (GMSIH). L'ANAP a pour objectif de fournir aux établissements de santé et aux établissements médico-sociaux les services et outils leur permettant de perfectionner la qualité des soins et leur gestion, et ce pour mieux prendre en charge la population.

La possibilité d'avancer ensemble dans un projet pour le patient

Le Dr Isabelle Girard Buttaz, neurologue, chef de service et chef de pôle, « la difficulté vis-à-vis de ce projet était l'intégration dans une activité d'une nouvelle façon de la pratiquer. Et la confrontation à des problèmes techniques comme l'ordinateur. » Une confrontation qui trouvera son point d'orgue d'ici la fin de l'année, où la suppression de la prescription papier est prévue.»

L'informatique fait notamment apparaître des problème insoupçonnés, on rencontre ainsi « des éléments qui n'existent pas pour la machine - par exemple "une perfusion" ! » Cela dit, et ces légers embarras mis à part, « les protocoles aident beaucoup à avancer ; la protocolisation continue.»

Le Dr Girard Buttaz donne l'exemple des dispositifs médicaux, « soit une sonde gastrique avec liquide d'hydratation, il faut prescrire "un litre d'eau" et le commentaire "sur sonde gastrique" et quant aux 4 grammes de sel ils font partie de la dotation, donc il suffit d'écrire je veux qu'on les mette dans la perfusion ! » Quant au dossier patient, autre élément clé du dispositif d'optimisation, il devrait être en place dans un an et demi. Il impliquera de nombreux services et professionnels, et dans cette évolution il y a « un effet cliquet, on ne reviendra pas en arrière. » .

Les services de neurologie et de dermatologie ont été choisis comme services pilotes. L'engagement vis-à-vis de l'ARH en vue de la dispensation nominative impliquait le lancement du projet pharmaceutique. Le Dr Girard Buttaz y voit : « un intérêt qualitatif (diminuer les erreurs) et une sécurisation maximale ; le fait que le médecin aussi soit devant l'informatique - sur les sept neurologues, certains s'y mettent, d'autres moins ; enfin, le développement de la pharmacie clinique. » Pour Etienne Cousein, « on est davantage dans le fait d'apporter aux services de soins un service pharmaceutique, et pas seulement un produit. » En termes de pharmacie clinique, avec la dispensation nominative aidée par l'automatisation, le pharmacien « s'implique davantage et ce centre davantage sur le patient : le but de la pharmacie clinique, c'est d'apporter le bon médicament au bon patient au bon moment. L'automatisation sécurise le circuit et favorise le bon médicament au bon moment. Elle permet d'aller plus loin dans le suivi du patient. »

L'ensemble de la démarche, estime Isabelle Girard Buttaz, « augmente donc la qualité de la prescription, grâce à un oeil extérieur. Et on comprend le fonctionnement de la pharmacie (en termes de timing). » Elle souligne que le projet Caducée, global, a permis « au médecin de comprendre quel gain de temps il réalise, car il a tout d'un seul coup. Prescription, images, bientôt le Vidal. Cela oblige à la rigueur dans la prescription. Et cela donne un gain de temps infirmier, ce qui augmente le temps de soin (l'infirmière reçoit les médicaments en "collier" tout prêt). »

A.N.

La nouvelle Pharmacie en quelques chiffres...

Surface : 3 082m2 dont 1 287m2 de stockage (les anciens locaux : 1 944 m2)
1778 médicaments référencés en 2008

2 734 dispositifs médicaux gérés (bandes stériles, aiguilles... délivrance hors médicament) en 2008

Budget total achat médicaments et dispositifs non médicaux : 28 223 970€

152 Nombre de structure ou services fournis 11 pharmaciens
20 préparateurs en Pharmacie
80 personnes travaillent en Pharmacie, dont 30 en stérilisation


Le Centre hospitalier de Valenciennes, Hôpital de référence du Bassin du Hainaut

Avec une capacité de près de 2 000 lits dont plus de la moitié en court séjour, le volume d'activité du Centre Hospitalier de Valenciennes représente l'offre de soins la plus significative du sud du département du Nord. Il a été choisi pour être l'Hôpital de Référence du Bassin, en amont du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille et pour les autres hôpitaux du bassin de vie du Hainaut (800 000 habitants).

C'est aujourd'hui le 2ème établissement en importance de la Région Nord-Pas-de-Calais et l'un des 30 plus importants hôpitaux de France.

Le Centre Hospitalier couvre un large panel de spécialités : hormis la chirurgie cardiaque et la prise en charge des grands brûlés, toutes les spécialités médicales et chirurgicales y sont représentées.

La diversité de ses services et la présence de cinq catégories d'équipement lourd font de lui le deuxième l'établissement en importance de la région Nord-Pas-de-Calais et l'institution sanitaire de référence du bassin de vie du Hainaut.

- Un centre hospitalier au coeur de multiples réseaux : Le Centre Hospitalier de Valenciennes a développé une politique de coopération avec tous les hôpitaux de son secteur sanitaire et avec le CHRU de Lille. Il a également signé une convention de partenariat avec l'AHNAC (Association Hospitalière Nord Artois Cliniques) pour la clinique Teissier.

- Une volonté de s'évaluer pour optimiser l'offre de soins : Les pratiques professionnelles sont aujourd'hui évaluées. L'évaluation a pour but l'amélioration continue de la qualité des soins et du service rendu aux patients par les professionnels de santé. Elle vise à promouvoir la qualité, la sécurité, l'efficacité et l'efficience des soins et de la prévention et plus généralement de la Santé Publique, dans le respect des règles déontologiques.

A.N.

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Lutte contre l'iatrogenèse : efficacité des réseaux ville-hôpital et de la coopération entre professionnels de santé
Date de modification : 11/03/2010

Dans le cadre de l'Action nationale de prévention de l'iatrogenèse évitable chez les personnes âgées, le groupe Santé en Action travaille à favoriser une réflexion commune entre praticiens hospitaliers et de ville pour diminuer les risques d'iatrogenèse, notamment chez les personnes âgées, et favoriser - par l'information et l'éducation - le meilleur usage possible du médicament.

La collaboration ville-hôpital a, entre autres vertus, celle de permettre une meilleure prévention de l'iatrogenèse. C'est l'une des composantes essentielles de l'Action nationale de prévention de l'iatrogenèse évitable chez les personnes âgées, lancée en 2003. Le docteur Bertrand Mouret coordonne la réflexion, sous l'égide des professeurs Doucet (Rouen) et Pfitzenmeyer (Dijon), au sein du groupe Santé en Action. Il a mené, avec l'hôpital de Compiègne, une réflexion sur la coordination des soins : le projet - autour d'un groupe de travail pluridisciplinaire - a connu plusieurs phases. L'iatrogenèse, explique Bertrand Mouret, « n'est pas seulement le problème du médicament, mais de l'ensemble de ceux qui s'occupent des personnes âgées... »

Il faut, poursuit-il, envisager « la manière de prescrire, le comportement des patients avec leurs médicaments : un patient sur deux ignore à quoi sert le médicament qu'il prend... » Le groupe de travail a élaboré un document pour les patients, pour inciter au dialogue autour du médicament. En effet, « les médecins et les pharmaciens sont persuadés que la personne a compris ; et souvent c'est un tiers qui vient chercher les médicaments. » Il ne s'agit pas d'alarmer -  bien que l'iatrogenèse provoque 15 000 décès par an -, mais de proposer « une approche déculpabilisante » au médecin, au pharmacien et à l'infirmière. L'action a connu une deuxième phase en 2005 : la création d'un module de formation, pluridisciplinaire, avec divers organismes professionnels. « Nous avons d'abord présenté un swiss cheese model utilisé dans l'assurance qualité et la prévention des accidents. La sécurité d'un système organisé dépend de la juxtaposition de plusieurs "trous", et l'accident peut arriver quand des trous se suivent dans la tranche de fromage. Boucher un trou sur une des tranches suffit à éviter le problème. La pratique de chaque profession constitue une tranche, avec des trous. » Le groupe de travail a recouru également à des notions pratiques : épidémiologie, classes thérapeutiques, molécules...

Deux sous-groupes ont été créés, qui ont ensuite fait part de leur réflexion et de leurs idées pour la prévention. Ainsi est né le document intitulé, Les personnes âgées et leurs médicaments - 33 solutions simples et concrètes proposées par les professionnels de la santé pour prévenir l'iatrogenèse médicamenteuse évitable.

L'une des solutions peut être de structurer l'ordonnance, en précisant : ce médicament est pour la tête, celui-ci pour le cœur... - l'ordonnance devient alors un instrument d'éducation.

À ce jour, le groupe a tenu 300 réunions de sensibilisation, en ville. D'autres "formats" vont être mis en place : recours à des médecins coordonateurs gériatres pour animer les réunions dans leur environnement ; création d'une formation avec des hospitaliers et des professionnels de ville, sur l'hospitalisation de la personne âgée...

Coopération ville-hôpital

Bertrand Mouret le reconnaît, les rencontres ville-hôpital suscitent parfois, a priori, « de la méfiance et des griefs. Mais grâce au swiss cheese model et à l'indication de solutions de prévention, on arrive à proposer des idées d'actions. On instaure le débat sur le problème de l'iatrogénie à l'hôpital pour les personnes âgées, ainsi que celui de la coordination avec la ville, et on cherche des solutions. Une dizaine de réunions hospitaliers-professionnels de ville se sont déjà tenues, et ont permis l'émergence d'un certain nombre de solutions. »

L'ensemble du programme va être déployé en régions, avec le soutien de Sanofi-Aventis. « En Bourgogne, poursuit Bertrand Mouret, nous avons créé un comité scientifique régional, sous l'égide du gérontopôle de Dijon (et Pfizer), avec tous les professionnels de santé, la faculté, les experts locaux, afin de rechercher comment utiliser le programme Santé en Action. »

La première phase de mise en application passe par 12 réunions pluridisciplinaires en ville. Bertrand Mouret a formé des organisateurs, dont les unions techniques interprofessionnelles (Utip). Dans une deuxième phase, « nous tenons une réunion par région pour les médecins coordinateurs en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et gériatres, puis une réunion ville-hôpital par département. En 9 mois, nous toucherons 1 200 professionnels en région. Nous avons fédéré autour du projet tous les professionnels : directions régionales des actions sanitaires et sociales, unions régionales des caisses d'assurance maladie, ordres, syndicats... on arrive à un dispositif assez puissant, qui va être évalué par l'observatoire régional de santé. Et nous allons monter le même modèle dans d'autres régions. »

Pour son coordinateur, ce programme - qui, indique-t-il, est orchestré par le Leem (Les Entreprises du Médicament) -, « repose sur plusieurs éléments fondamentaux : l'approche est pluridisciplinaire ; on est dans le registre de la pratique professionnelle plus que scientifique, on sait en effet que la prévention ne viendra pas que de la science ; on ne cherche pas à identifier des coupables, mais à être tous ensemble ; il s'agit avant tout de dépasser la routine, de communiquer ; enfin, on informe de façon "non prise de tête", on met les professionnels en position d'expert. Et ceux-ci sont séduits par le swiss cheese model, qui leur reste en mémoire. »

La lutte contre l'iatrogenèse se poursuit, indique Michel Juste, pharmacien hospitalier. Ainsi, un groupe de travail de la Société française de pharmacie clinique a réfléchi sur les erreurs médicamenteuses. Une action inscrite dans l'action nationale et qui a donné lieu à la publication d'un dictionnaire de l'erreur médicamenteuse, précisant les processus et circuits plus sécurisés. La coopération médecin-pharmacien et ville-hôpital, acquiesce Michel Juste, « est importante. Dans la prise en charge médicale, cela va de la prescription jusqu'au pharmacien, à l'infirmière. Les problèmes peuvent se produire et être gérés à tous les niveaux. À l'hôpital, on peut détecter des problèmes datant d'avant, mais aussi générer des problèmes qui surgiront après la sortie. On a aussi découvert des choses sur l'historique médicamenteux : dans près de 50 % des cas il y a au moins une erreur : oubli, rajout, problèmes d'allergie (fausse allergie, ou vraie non signalée). »

Le DMP indispensable

Les professionnels partagent la conviction qu'un support informatique comme le dossier médical informatisé, comprenant le dossier pharmaceutique, est indispensable pour permettre aux soignants de savoir ce que prend le patient. Le dossier pharmaceutique, qui s'est bien développé, devra à terme verser ses données dans le dossier médical personnel (DMP).

Côté coopération, conclut Michel Juste, il apparaît que si elle fonctionne bien dans l'hôpital, « entre la ville et l'hôpital, on ne sait pas toujours comment faire fonctionner le système, faute d'informatique. Il est difficile d'avoir un modèle fiable et généralisable. Lorsqu'un patient sort de l'hôpital, il est muni d'une ordonnance et de sa lettre de sortie... Il se produit parfois des oublis, par exemple le traitement chronique peut ne pas y figurer. La synthèse globale est difficile. Sans compter que si d'autres traitements, "différents", ont été prescrits à l'hôpital, il peut se poser des problèmes de double prise. »

Alain Noël

Les risques liés aux médicaments chez les personnes âgées

Partenaire de l'Action nationale de prévention de l'iatrogenèse évitable chez les personnes âgées, le Leem (Les Entreprises du Médicament) rappelle que les accidents liés à un mauvais usage du médicament causeraient 5 à 20 % des hospitalisations de personnes de plus de 65 ans, et 10 à 20 % des hospitalisations de personnes de plus de 85 ans. Préoccupation des pouvoirs publics, la lutte contre l'iatrogenèse :

- fait partie des objectifs du Plan national de santé publique ;

- fait partie des missions de prévention fixées aux médecins traitants dans le cadre de l'accord entre l'Union nationale des caisses d'assurance maladie et les syndicats professionnels en 2006.

Plus de 50 % des accidents seraient évitables. Une personne âgée sur deux ne sait pas à quoi servent ses médicaments. On constate un problème d'observance chez un patient âgé sur deux. Deux tiers des effets indésirables ne sont pas signalés par les patients. Les accidents surviennent dans deux circonstances : changement dans la vie du patient, changement dans la vie de la prescription.


Les objectifs du ministère de la Santé

  • Réduire d'un tiers la fréquence des événements iatrogènes graves (EIG) évitables lors des séjours hospitaliers.
  • Réduire de 20 % l'incidence des infections nosocomiales secondaires à des actes invasifs.
  • Réduire d'1/3 la prévalence de l'iatrogénie médicamenteuse hospitalière grave et évitable.
  • Réduire d'1/3 le nombre annuel d'hospitalisations dues à un effet médicamenteux indésirable évitable.
  • Réduire de 30 % les doses annuelles par habitant secondaires à une irradiation médicale à visée diagnostique.
  • Réduire de 20 % le nombre de décès ayant l'iatrogénie comme cause principale.
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Une enquête sur la prise en charge des AVC en France montre le problème persistant de la filière de soins en aval
Date de modification : 24/09/2009

Une enquête sur la prise en charge des AVC en France montre le problème persistant de la filière de soins en aval

[APM] Une enquête "un jour donné" faite en 2008 sur la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) met en évidence le problème persistant de la filière de soins en aval, les patients restant hospitalisés en attente d'une autre structure de soins et les services d'aval ayant eux-mêmes des difficultés.

L'enquête a été présentée jeudi 9 octobre lors des journées de la Société française neurovasculaire (SFNV) par France Woimant de l'hôpital Lariboisière à Paris (AP-HP).
Une première enquête avait été faite en 1999 pour décrire la prise en charge des AVC en France. Une nouvelle enquête a été conduite le 15 janvier 2008, dans 113 hôpitaux.
Par rapport à 1999, 44% (50) des établissements ont désormais une unité neurovasculaire (UNV), dont 37 avec des lits de soins intensifs.
Ce jour-là, 209 patients souffrant d'une pathologie neurovasculaire étaient hospitalisés en unité de soins intensifs (USI), 549 en UNV et 660 en service de neurologie sans lit dédié aux AVC.
Cette enquête met en évidence plusieurs problèmes. L'un est qu'encore en 2008, seulement un tiers des patients ayant un AVC sont arrivés à l'hôpital après avoir appelé le 15.
Cela prouve qu'il y a encore "beaucoup à faire" en termes d'information du public, a souligné France Woimant jeudi. Et cela rend d'autant plus d'actualité la campagne de sensibilisation aux signes d'AVC qui va avoir lieu le 29 octobre prochain à l'occasion de la journée mondiale de l'AVC.
Un autre problème constaté concerne la sortie de ces patients et, en lien avec les problèmes de sortie, le délai de séjour hospitalier. Presque un patient sur deux (48%), lors de cette enquête un jour donné, était en attente d'une place dans une autre structure de soins.
Une autre partie de cette enquête montre également que les patients admis dans les services de médecine physique et de réadaptation (MPR) avaient eu une durée de séjour hospitalier avant leur admission en MPR supérieure à trois semaines dans un cas sur deux.
Cela pose le problème de la filière de soins en aval du service hospitalier. Un problème à plusieurs niveaux puisque dans les services de MPR, 25% des patients étaient aussi en attente d'un placement dans une autre structure.
"Il n'y a pas assez de structures médico-sociales pour les patients lourdement handicapés. Cela crée un embouteillage qui retentit sur toute la filière", constate France Woimant.

UN SITE INTERNET SUR LES SERVICES DE MPR

Dans ce contexte, l'initiative présentée jeudi matin par François Genet de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine) apparaît bienvenue, même si elle ne résoudra pas tout. Afin d'"optimiser l'orientation des patients des services d'aigu (neurovasculaires, mais aussi cardiovasculaires, brûlés...) vers les services de MPR, un site internet a été créé.
Le site filisante.com a pour but d'aider les médecins tant hospitaliers que libéraux en leur donnant les listes de services de MPR et de médecins spécialisés dans leur région, pour faciliter les contacts. Il y aura bientôt des fiches d'admission en ligne, a indiqué François Genet.
Mais le site -accessible uniquement aux médecins- ne concerne pas encore toutes les régions. Lancé début 2008 avec uniquement les structures de MPR d'Ile-de-France, il s'étoffe progressivement avec deux nouvelles régions par trimestre.

7% DES PATIENTS THROMBOLYSES

Parmi les autres informations fournies par cette enquête, les patients ont bénéficié d'un examen par IRM le jour de leur admission dans 48% des cas dans les USI, dans 23% dans les UNV et dans 9% dans les services de neurologie sans UNV. Une exploration ultrasonore avait été faite dans respectivement 47%, 39% et 24% des cas.
Concernant le traitement des AVC ischémiques par thrombolyse (limitée aux trois premières heures après le début des symptômes, rappelle-t-on), globalement, 7% des patients ont été traités. La proportion était de 17% dans les USI, 8% dans les UNV et 2% dans les autres services de neurologie.
Les modes de sortie prévus pour ces patients étaient le domicile pour environ 40%, la rééducation pour 25%, les soins de suite pour 14% et le long séjour ou un établissement pour personnes âgées dépendantes pour 11%.

L'Anaes publie quatre nouvelles études sur la prise en charge de l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) chez l'adulte, destinées aux professionnels médicaux et paramédicaux

L'accident vasculaire cérébral est une pathologie particulièrement fréquente (environ 130 000 AVC par an en France), troisième cause de mortalité dans les pays industrialisés. L'augmentation de l'incidence des AVC, en raison du vieillissement de la population et de l'espérance de vie accrue des patients à risque vasculaire, impose de considérer la prise en charge comme un impératif de santé publique. Dans cette optique, l'Anaes publie quatre nouvelles études :

Deux recommandations proposent les modalités de prise en charge médicale et paramédicale des patients atteints d'AVC. Elles détaillent :

*                      La prise en charge médicale initiale des patients adultes atteints d'AVC :

*                      La stratégie diagnostique de l'AVC aigu ;

*                      Les modalités de prise en charge thérapeutique de l'AVC ischémique et hémorragique ;

*                      Les indications du traitement neurochirurgical et de prise en charge en réanimation médicale ;

*                      Les modalités de prise en charge pré-hospitalière.

*                      La prise en charge paramédicale initiale de l'AVC. Destinée aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et orthophonistes, elle propose :

*                      L'évaluation et la surveillance des fonctions vitales du patient au cours des premières heures ;

*                      La prévention et le traitement des complications immédiates ;

*                      La mise en place d'une rééducation précoce

Une recommandation comprenant un volet économique expose :

*                      La place des unités neurovasculaires dans la prise en charge des patients atteints d'AVC :

*                      Au plan clinique et économique ;

*                      Dans la pratique française de prise en charge spécifique de l'AVC.

Une évaluation technologique présente :

*                      Les différentes techniques de l'imagerie de l'accident vasculaire cérébral aigu :

*                      Les imageries cérébrale et cervicale ;

*                      Les examens d'imagerie à pratiquer selon les situations cliniques.

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