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La sécurisation du circuit du médicament, l'exemple de Valenciennes
Date de modification : 11/03/2010

Assurer la sécurisation maximale du circuit du médicament est un objectif que visent tous les professionnels de santé, notamment hospitaliers. Le Centre Hospitalier Jean Bernard, à Valenciennes, a mis en œuvre - dans un premier temps dans deux services pilotes - une automatisation allant de la prescription à la dispensation au malade. Une expérience appelée à être étendue.

Site impliqué dans la traçabilité du médicament, le Centre hospitalier de Valenciennes s'attache à accroître la sécurisation de la distribution du médicament, garante d'une meilleure prise en charge du patient. Depuis le début de l'année s'est mise en place un mode d'organisation alliant la robotisation et une nouvelle approche des métiers du soin : médecin, pharmacien hospitalier, infirmière. « La dispensation nominative automatisée se pratique déjà dans quelques établissements, indique Etienne Cousein, pharmacien, responsable du projet de la nouvelle pharmacie (*).

Tout a commencé, rappelle Marie-Agnès Urbina, pharmacien chef de service, « en 2005 quand l'établissement a signé avec l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) un contrat de bon usage comprenant l'informatisation du circuit médicamenteux - associée à la dispensation nominative. - en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). Ce qui représente aujourd'hui 900 lits sur les 1 800 que compte l'hôpital. Cet objectif de sécurisation découle de l'évolution de la réglementation, qui se renforce, ainsi que de la construction du nouveau bâtiment.»

L'informatisation de la prescription, précise-t-elle, « est suivie de l'analyse de la prescription par les pharmaciens. Les doses à administrer sont transmises aux soignants, on a une centralisation, une robotisation, qui augmente la rapidité et la sécurité. Et pour ce que la pharmacie ne peut pas « produire », des armoires sécurisées ont été mises en place. »

Etienne Cousein précise que faute d'assistance informatique, l'analyse de la prescription est encore faite « à la main » par les pharmaciens, mais que l'équipe « travaille avec des fournisseurs de logiciels informatiser la procédure ainsi que le DP. »

Il juge que « la sécurisation doit aller de la logistique à la dispensation. Sinon, cela n'a pas de sens. Le service pharmaceutique s'occupe de tout, à partir d'une prescription il va jusqu'à la dispensation » et signale le montant de l'investissement : 2 millions d'euros. Il s'agissait, rappelle-t-il, « d'assurer la dispensation nominative pour les lits MCO ; de recentrer les intervenants sur leur cœur de métier ; de sécuriser le circuit du médicament ; de maîtriser les coûts des traitements médicamenteux, notamment en évitant les pertes ; d'adapter le circuit du médicament à la taille de l'hôpital. »

Logiciels et robot d'extraction

Pour le stockage, la pharmacie compte à ce jour 5 stockers (Hänel) - qui font gagner 60% de surface au sol, et du temps - et quatre armoires sécurisées (3 dans les services de soins, une dans l'unité de soins de suite)(CareFusion)

Le logiciel Copilote Santé (Savart et Michel), « assistant logistique », est l'interlocuteur du service pour la gestion des stocks, présent aux deux extrémités de la chaîne. Il pilote les systèmes automatisés de manipulation et de stockage, tant pour le rangement que pour l'extraction.

Tout part, souligne Etienne Cousein, « de la prescription médicale, transmise à la pharmacie depuis un ordinateur portable. Les pharmaciens procèdent à l'analyse pharmaceutique, puis le robot (Swisslog) prépare les doses. Quand la pharmacie est fermée, et pour la traçabilité, on utilise des armoires sécurisées (CareFusion), que les infirmières peuvent ouvrir. » En fait, « aucun hôpital de travaille avec un logiciel unique qui informe les services. Nos contraintes sont : la surface de stockage, l'efficacité de la dispensation globale, la distribution nominative, la distribution du médicament quand la pharmacie est fermée. » D'où l'intérêt d'une alliance, en synergie, « de plusieurs systèmes. » Les médicaments d'un patient sont rassemblés dans des sachets dotés d'un code barres propre au patient, ils seront ensuite réunis pour l'administration. » Le système Pillpick (Swisslog) permet, lui, de déconditionner pour préparer des doses unitaires, dans les mêmes conditions de sécurité et de traçabilité (numéro de lot, date de péremption. Une fiche de contrôle pour tracer le produit, la date, l'identité du préparateur)..

Le dispositif continue de se perfectionner, et s'étendra des services pilotes à l'ensemble de l'hôpital. Enfin, la sécurisation du circuit du médicament sera parachevée avec l'arrivée du dossier (informatisé) patient, prévue pour 2011.

Alain NOËL

(*) L'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) réalisera cette année une enquête sur l'automatisation dans les établissements de santé. Rappelons que l'ANAP issue de la loi HPST regroupe la Mission nationale d'appui à l'investissement hospitalier (MAINH), la Mission nationale d'expertises et d'audits hospitaliers (MEAH) et le Groupement pour la modernisation du système d'information hospitalier (GMSIH). L'ANAP a pour objectif de fournir aux établissements de santé et aux établissements médico-sociaux les services et outils leur permettant de perfectionner la qualité des soins et leur gestion, et ce pour mieux prendre en charge la population.

La possibilité d'avancer ensemble dans un projet pour le patient

Le Dr Isabelle Girard Buttaz, neurologue, chef de service et chef de pôle, « la difficulté vis-à-vis de ce projet était l'intégration dans une activité d'une nouvelle façon de la pratiquer. Et la confrontation à des problèmes techniques comme l'ordinateur. » Une confrontation qui trouvera son point d'orgue d'ici la fin de l'année, où la suppression de la prescription papier est prévue.»

L'informatique fait notamment apparaître des problème insoupçonnés, on rencontre ainsi « des éléments qui n'existent pas pour la machine - par exemple "une perfusion" ! » Cela dit, et ces légers embarras mis à part, « les protocoles aident beaucoup à avancer ; la protocolisation continue.»

Le Dr Girard Buttaz donne l'exemple des dispositifs médicaux, « soit une sonde gastrique avec liquide d'hydratation, il faut prescrire "un litre d'eau" et le commentaire "sur sonde gastrique" et quant aux 4 grammes de sel ils font partie de la dotation, donc il suffit d'écrire je veux qu'on les mette dans la perfusion ! » Quant au dossier patient, autre élément clé du dispositif d'optimisation, il devrait être en place dans un an et demi. Il impliquera de nombreux services et professionnels, et dans cette évolution il y a « un effet cliquet, on ne reviendra pas en arrière. » .

Les services de neurologie et de dermatologie ont été choisis comme services pilotes. L'engagement vis-à-vis de l'ARH en vue de la dispensation nominative impliquait le lancement du projet pharmaceutique. Le Dr Girard Buttaz y voit : « un intérêt qualitatif (diminuer les erreurs) et une sécurisation maximale ; le fait que le médecin aussi soit devant l'informatique - sur les sept neurologues, certains s'y mettent, d'autres moins ; enfin, le développement de la pharmacie clinique. » Pour Etienne Cousein, « on est davantage dans le fait d'apporter aux services de soins un service pharmaceutique, et pas seulement un produit. » En termes de pharmacie clinique, avec la dispensation nominative aidée par l'automatisation, le pharmacien « s'implique davantage et ce centre davantage sur le patient : le but de la pharmacie clinique, c'est d'apporter le bon médicament au bon patient au bon moment. L'automatisation sécurise le circuit et favorise le bon médicament au bon moment. Elle permet d'aller plus loin dans le suivi du patient. »

L'ensemble de la démarche, estime Isabelle Girard Buttaz, « augmente donc la qualité de la prescription, grâce à un oeil extérieur. Et on comprend le fonctionnement de la pharmacie (en termes de timing). » Elle souligne que le projet Caducée, global, a permis « au médecin de comprendre quel gain de temps il réalise, car il a tout d'un seul coup. Prescription, images, bientôt le Vidal. Cela oblige à la rigueur dans la prescription. Et cela donne un gain de temps infirmier, ce qui augmente le temps de soin (l'infirmière reçoit les médicaments en "collier" tout prêt). »

A.N.

La nouvelle Pharmacie en quelques chiffres...

Surface : 3 082m2 dont 1 287m2 de stockage (les anciens locaux : 1 944 m2)
1778 médicaments référencés en 2008

2 734 dispositifs médicaux gérés (bandes stériles, aiguilles... délivrance hors médicament) en 2008

Budget total achat médicaments et dispositifs non médicaux : 28 223 970€

152 Nombre de structure ou services fournis 11 pharmaciens
20 préparateurs en Pharmacie
80 personnes travaillent en Pharmacie, dont 30 en stérilisation


Le Centre hospitalier de Valenciennes, Hôpital de référence du Bassin du Hainaut

Avec une capacité de près de 2 000 lits dont plus de la moitié en court séjour, le volume d'activité du Centre Hospitalier de Valenciennes représente l'offre de soins la plus significative du sud du département du Nord. Il a été choisi pour être l'Hôpital de Référence du Bassin, en amont du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille et pour les autres hôpitaux du bassin de vie du Hainaut (800 000 habitants).

C'est aujourd'hui le 2ème établissement en importance de la Région Nord-Pas-de-Calais et l'un des 30 plus importants hôpitaux de France.

Le Centre Hospitalier couvre un large panel de spécialités : hormis la chirurgie cardiaque et la prise en charge des grands brûlés, toutes les spécialités médicales et chirurgicales y sont représentées.

La diversité de ses services et la présence de cinq catégories d'équipement lourd font de lui le deuxième l'établissement en importance de la région Nord-Pas-de-Calais et l'institution sanitaire de référence du bassin de vie du Hainaut.

- Un centre hospitalier au coeur de multiples réseaux : Le Centre Hospitalier de Valenciennes a développé une politique de coopération avec tous les hôpitaux de son secteur sanitaire et avec le CHRU de Lille. Il a également signé une convention de partenariat avec l'AHNAC (Association Hospitalière Nord Artois Cliniques) pour la clinique Teissier.

- Une volonté de s'évaluer pour optimiser l'offre de soins : Les pratiques professionnelles sont aujourd'hui évaluées. L'évaluation a pour but l'amélioration continue de la qualité des soins et du service rendu aux patients par les professionnels de santé. Elle vise à promouvoir la qualité, la sécurité, l'efficacité et l'efficience des soins et de la prévention et plus généralement de la Santé Publique, dans le respect des règles déontologiques.

A.N.

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