Un guide mis à jour sur le web d’EM-consulte, c’est attirant. À la suite du Vade-mecum des médicaments injectables (du même auteur, 2001, indisponible), sur le principe des fiches des services d’urgences ( cliquez ici ), nous découvrons un recueil de 300 fiches papiers dont 70 complémentaires sur le web (un code est dans chaque ouvrage). Cela laisserait-il espérer la totalité sur I-phone ou pocket PC ?
C’est un projet louable et un travail conséquent rédigé par un urgentiste et une infirmière. Il est destiné aux prescripteurs et aux utilisateurs (aucune mention de pharmaciens). C’est un fait que l’urgence ne peut s’embarrasser de RCP ou autres bibles, ni même de pharmaciens. D’ailleurs, si nous y retrouvons une partie des RCP, nous n’y retrouverons pas de références bibliographiques, ni les données de notre littérature grise professionnelle et encore moins celle de l’Handbook of injectable drugs (LA Trissel ASHP).
L’utilité de ce guide repose donc sur le principe du « je vérifie et je fais », connu pour réduire les erreurs de préparation ou d’administration. Trois cents fiches clarifient les RCP, les reconstitutions, dilutions et schémas posologiques. C’est un guide destiné à l’urgence ou à la thérapeutique plus qu’un recueil exhaustif des voies et utilisations possibles. Il ne contient pas de données sur l’hypodermoclyse (perfusion sous-cutanée) ou simplement sur les possibles utilisations hors AMM en sous-cutanée. Pas de soins palliatifs donc. Chers auteurs et chers éditeurs, le concours de quelques pharmaciens en ferait un ouvrage de premier ordre.
Prenons la fiche amiodarone : les conditions de conservation sont celles du Vidal mais elles diffèrent de celle de la fiche d’urgence-on-line ( cliquez ici ). Cette fiche aurait gagné à prendre en compte les résultats de l’étude « Stabilité et compatibilité de solutions injectables d’amiodarone (Cordarone®) » Marcoz et al. ( cliquez ici ) de même que le travail des confrères du CH Bourganeuf et CH Saint-Vaury ( cliquez ici ), des HUG, de la pharmacie des hôpitaux de l’Est Lémanique ( cliquez ici ) ou du guide pharmaco-clinique, etc… Un autre exemple : la fiche aciclovir ne met pas de conditions d’hydratation suffisante ou préventive du patient dans son paragraphe « Précaution d’emploi – Surveillance ». À part ces quelques remarques, c’est un excellent recueil.