La présence des pharmaciens au lit du malade reste un vieux rêve, commencé dans les années 1970, par des pharmaciens hospitaliers qui commencent à partir à la retraite. Le bilan est décevant. À quelques exceptions près, l’utilisation du jugement et des connaissances des pharmaciens est loin d’être optimale et les expériences menées ici ou là n’ont jamais été généralisées, faute de moyens, d’outils adaptés performants, et de réelles évaluations de ces expériences en termes, notamment, de plus-value par rapport à l’existant.
Le pharmacien hospitalier en 30 ans a vu son activité augmenter et son champ de compétences s’élargir. L’assurance qualité a sécurisé les pratiques. Les tâches logistiques et administratives se sont alourdies.
Depuis le début du troisième millénaire, l’évolution de la pharmacie hospitalière s’accélère. L’intégration dans le CHU en est une étape majeure. Tout contribue à modifier nos pratiques et nos modes de fonctionnement : modification du financement des hôpitaux, de leur gestion (pôles, loi HPST…), des textes relatifs à l’organisation de nos missions. La gestion des risques devient une préoccupation quotidienne et le contrat de bon usage des produits de santé demande de sécuriser au plus vite les circuits. Si le pharmacien n’est pas le seul acteur de ces circuits, il en est un maillon essentiel entre le donneur d’ordre et l’exécutant. Au nom de l’efficience, nous devrons mutualiser nos activités, imaginer des sous-traitances, voire créer une PUI unique au sein de groupements hospitaliers. Cette réorganisation adossée à une informatique et une logistique performantes devrait permettre à terme de dégager du temps pharmaceutique, même si l’outil logistique idéal reste à inventer. Et arrêtons d’employer des pharmaciens à régler des problèmes de facturation ou des bugs informatiques !
Cette réorganisation ne doit pas se faire au détriment de la sécurité du patient. Le maintien d’une présence pharmaceutique au plus près du patient est plus que jamais indispensable. Les activités de pharmacie clinique au sein des unités de soins doivent être notre priorité !