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Actualités pharmaceutiques hospitalières
Vol 5, N° 20  - novembre 2009
p. 13
Doi : ACTPHO-11-2009-5-20-1769-7344-101019-200909333
Hôpital

Généraliser l’informatisation du circuit du médicament pour le sécuriser
 

Aurélie Haroche [1]
[1] © http://www.jim.fr


Les académies de médecine et de pharmacie recommandent l’informatisation du circuit du médicament pour éviter des erreurs dans l’administration dont les conséquences peuvent être mortelles.

Parce que des dysfonctionnements peuvent intervenir lors de n’importe quelle étape du circuit d’acheminement des produits, les académies de médecine et de pharmacie se sont intéressées aux moyens de renforcer la sécurisation du circuit du médicament dans les établissements de soins.

De multiples origines aux erreurs médicamenteuses

Les sages se sont d’abord attelés à un état des lieux. Ils ont ainsi rappelé que l’on compte entre 71 000 et 94 000 événements indésirables graves liés aux soins (EIG) chaque année, concernant 13 à 14 millions de patients hospitalisés. Parmi ces EIG, 27 % sont liés à un produit de santé et 19 % plus précisément à un médicament. Est en cause, dans la majorité des cas, la prescription (35 à 39 % des situations), mais aussi la dispensation (22 à 25 %, avec 4 à 9 % de manquements dans la préparation galénique), l’administration (18 à 29 %) et la transcription (13 à 17 %). De façon plus précise encore, les sages relèvent, se basant sur la Mission nationale d’expertise et d’audit hospitalier (Meah) de 2007, que dans 37 % des cas l’erreur concerne la dose, le médicament délivré (18,5 %), mais aussi relativement fréquemment la posologie ou la concentration (10 %), le patient (9 %), le suivi thérapeutique (9 %) ou l’omission de dose (9 %). Ces erreurs peuvent être notamment imputées à la multiplicité des maillons humains. Si seulement 50 % des centres sont aujourd’hui « certifiés sans recommandations ni réserves », c’est dans 8,74 % des cas à cause d’un défaut de sécurisation du circuit du médicament !

Lever les obstacles

Face à cette situation, il ne fait aucun doute pour les deux académies que l’amélioration passe par une informatisation du circuit tout soulignant les différents éléments qui peuvent faire obstacle à une optimisation de ce processus. Il peut notamment s’agir d’une « implication insuffisante » de tous les intervenants, et de façon plus précise chez les fournisseurs « d’une conception de l’étiquetage inadapté à l’usage », au sein des pharmacies à usage intérieure (PUI) d’une « insuffisance de dialogue médecins/pharmaciens » qui est également à déplorer entre l’infirmier et le médecin ; défaut de dialogue qui « laisse trop de marge d’interprétation de l’ordonnance ». Autre obstacle cité par les sages et qui concerne l’informatisation : un défaut de moyens financiers et humains permettant de mener à bien cette mission.

Un langage uniformisé

Ces différentes observations incitent les deux académies à une série de recommandations. Elles plaident pour une « formation de tous les participants au circuit du médicament » qui porterait notamment « sur l’informatique en milieu hospitalier ». Concernant les fournisseurs, elles insistent sur la nécessité « d’améliorer la lisibilité des étiquetages particulièrement sur les solutions injectables ». Aux prescripteurs, elles recommandent « une prescription médicale lisible en temps réel, datée et signée ». Surtout, leurs conseils concernent le rôle des pharmaciens qui devraient « définir le vocabulaire utilisé tout au long du circuit. Le “trilinguisme” actuel (DCI ou DCF, dénomination commerciale et nom générique) étant source d’erreurs […], renoncer à la dispensation globale et adopter la dispensation journalière, individuelle, nominative (DJIN) à partir de la PUI et […] organiser un acheminement sécurisé au moyen d’armoires de stockage, mobiles, fermées, à tiroirs personnalisés, qu’elles soient ou non robotisées ». Leurs recommandations insistent également encore et toujours sur le fait que « l’informatisation [est] l’une des conditions essentielles de la sécurisation ».

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