À l’occasion de la journée européenne des antibiotiques, le 18 novembre dernier, une enquête réalisée à travers toute l’Europe par une équipe lyonnaise auprès d’une centaine de responsables de services de réanimation a été dévoilée lors d’une conférence à Stockholm (Suède). Elle indiquait que 53 % d’entre eux avaient été confrontés au cours des six derniers mois à au moins un cas de résistance à tous les antibiotiques.
En France, qui compte parmi les plus gros consommateurs d’antibiotiques en Europe, ce phénomène est largement pris en considération depuis quelques années. Ainsi, la mise en place de différents outils de sensibilisation auprès des professionnels de santé, et notamment un dispositif de surveillance nationale ciblée de la consommation des antibiotiques à l’hôpital vont être mis en place en 2010. Baptisé « ATB-Raisin », ce dispositif a déjà fait l’objet d’une expérimentation en 2008-2009.
Dans quelques mois viendra le temps de sa généralisation, comme l’ont annoncé l’Institut de veille sanitaire (InVS) et les cinq centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin) à l’origine de son développement. Dans son communiqué de presse, l’InVS a insisté sur le fait que le pilotage de ce système de surveillance « associe des professionnels hospitaliers impliqués quotidiennement dans le bon usage des antibiotiques et son évaluation à l’hôpital (infectiologues, pharmaciens, microbiologistes, réanimateurs, praticiens en hygiène…) ». L’institution a également indiqué que l’objectif de cette surveillance est « d’offrir à chaque hôpital la possibilité d’analyser ses consommations et de les comparer à celles des autres, afin d’identifier des pistes de travail pour optimiser ses pratiques de prescription ».
Rappelons qu’outre un coût humain, l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques représente également un coût financier estimé à 1,5 milliards d’euros pour toute l’Europe, dont 930 millions pour les hôpitaux.