L’hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque cardiovasculaire, mais il existe peu de données sur la prévalence et la prise en charge de l’HTA en France.
Dans trois régions (Communauté urbaine de Lille, Bas-Rhin et Haute-Garonne), 4 825 sujets de 35 à 74 ans (moyenne : 55,5 ans) ont été inclus dans l’étude Mona Lisa (MOnitoring NAtionaL du rISque Artériel) d’octobre 2005 à décembre 2007. L’hypertension est évaluée par rapport à une pression artérielle systolique (PAS) supérieure ou égale à 140mmHg et/ou une pression artérielle diastolique (PAD) supérieure ou égale à 90mmHg et/ou s’il a été suivi un régime ou un traitement antihypertenseur.
Les sujets de l’étude ont été tirés au sort sur les listes électorales : 200 personnes par centre, sexe et tranches d’âge de 10 ans. Un questionnaire recrutait des données démographiques et socio-économiques, de facteurs de risque cardiovasculaire et leur prise en charge, la mesure de quelques paramètres médicaux (poids, taille, tour de taille, pression artérielle calculée sur une moyenne de deux mesures et fréquence cardiaque) et une prise de sang après 10heures de jeûne.
 | Traitement antihypertenseur |

Près de deux tiers des femmes et 54 % des hommes de l’échantillon connaissent leur hypertension, et 80 % prennent un traitement antihypertenseur (50 % pour les plus jeunes, 91 % chez les 65-74 ans). Le contrôle de l’HTA se réduit en vieillissant, il est cependant toujours meilleur chez les femmes.
Chez les personnes qui connaissent leur hypertension, moins de 20 % suivent un régime. Parmi celles qui observent un traitement, 47 % sont sous monothérapie, 34 % sous bithérapie (33 % sous association d’antagonistes des récepteurs de l’angiotensinogène-diurétiques ; 18 % sous bêtabloquants-diurétiques ; 16 % sous inhibiteurs de l’enzyme de conversion-diurétiques), 19 % prennent au moins trois classes médicamenteuses.
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Prévalence supérieure chez les hommes |
Un gradient Nord-Sud est constaté avec une prévalence plus forte au Nord et à l’Est, quel que soit le sexe. La prévalence est plus élevée, quelle que soit la tranche d’âge, chez l’homme, déterminée respectivement chez les hommes et les femmes, 23,9 et 8,6 % chez les 35-44 ans (PAS de 128mmHg et de 115,7mmHg) ; 79,8 et 71,3 % chez les 65-74 ans (PAS de 150mmHg et de 145,6mmHg), avec une moyenne pour les 35-74 ans de 47,3 et 35 %. Cependant, l’écart homme/femme s’atténue chez les sujets les plus âgés.
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Une amélioration perceptible |
Le contrôle de l’HTA se situe dans une moyenne européenne, mais il est moins bon qu’aux États-Unis. Par comparaison à une étude menée en 2000, la prise en charge de l’HTA a progressé en France ; la prévalence est en légère baisse pour les deux sexes et plus de patients se savent hypertendus et sont traités. Le contrôle de l’hypertension est toujours insuffisant, mais connaît de grandes améliorations, notamment avec la prescription d’une plurithérapie (cf. encadré ).
Les auteurs soulignent que la prévalence de l’HTA dans cette étude pourrait être surestimée par rapport à la population globale et en raison du petit nombre de mesures de pression artérielle (inférieur aux exigences pour poser le diagnostic clinique d’HTA) ; la proportion de sujets traités et contrôlés peut être, elle, sous-estimée.