La maladie de Wilson est une maladie rare, mais curable. Découverte en 1912 par M. Wilson, son lien avec le cuivre a été établi en 1929. Ces dernières années, le gène responsable a été identifié : il est situé sur le chromosome 13 et code une protéine nommée ATP7B, jouant le rôle de transporteur du cuivre, déficiente chez les patients atteints de la maladie. L’analyse moléculaire a permis d’identifier plus de 350 mutations sur ce gène.
La maladie de Wilson est une maladie de surcharge en cuivre par défaut de son élimination et libération de cuivre libre (non lié à la céruléoplasmine) dans la circulation, potentiellement toxique. Les atteintes cliniques sont surtout hépatique (surviennent en moyenne vers l’âge de 11 ans) et neurologique (survenant entre 20 et 25 ans) ; le diagnostic peut aussi être tardif (sujets de plus de 50 ans).
• L’atteinte hépatique peut être asymptomatique, découverte de manière fortuite lors d’un bilan biologique. Elle se manifeste généralement par une cirrhose progressive (asthénie, anorexie, ictère) ou une hépatite chronique active avec élévation modérée des transaminases. Rarement, sont observées une décompensation hépatique ou une hépatite fulminante dont la survenue est imprévisible.
• Les symptômes neurologiques sont une neurodégénérescence liée aux dépôts de cuivre libre dans le cerveau et responsables, selon leur localisation, de mouvements anormaux, syndrome parkinsonien (résistant à la Dopa), troubles de la contraction musculaire pouvant toucher la face (“rire sardonique” très évocateur) et tremblements.
• Enfin, la maladie pouvant atteindre de nombreux organes, il faut aussi penser à évoquer ce diagnostic devant des troubles neuropsychiques (syndrome dépressif, troubles du comportement, irritabilité…), une aménorrhée, etc.
Le diagnostic passe avant tout par la biologie : le meilleur examen étant la cuprurie des 24 heures (augmentée). Le second examen utile est la céruléoplasminémie (diminuée).
Outre la biologie, la mise en évidence de l’anneau de Kayser-Fleischer à la lampe à fente (examen ophtalmologique) est quasi constante dans les formes neurologiques. L’IRM cérébrale permet de confirmer les lésions évocatrices par leur localisation au niveau des noyaux gris centraux.
L’étude génétique est fondamentale : elle donne une réponse dans environ 80 % des cas (identification de la mutation sur le gène codant la protéine ATP7B) au bout de 6 mois environ (il ne faut pas en attendre le résultat avant de débuter le traitement). L’étude familiale est très importante car elle permet de dépister les patients à un stade présymptomatique, et la mise en route d’un traitement préviendra toute manifestation de la maladie.
Il s’agit d’une maladie chronique et le traitement est instauré à vie. Il convient de mettre en place un régime pauvre en cuivre c’est-à-dire notamment sans foie, homard ni chocolat noir (aliments les plus riches en cuivre) et de prescrire :
– soit des chélateurs du cuivre comme la D-pénicillamine (Trolovol®) ou la triéthylène tétramine (Trientine®), qui éliminent le cuivre dans les urines et sont généralement utilisés dans les formes symptomatiques (la D-pénicillamine peut donner des complications de type atteinte cutanée ou lupus érythémateux disséminé) ;
– soit du zinc (Wilzin®), qui diminue l’absorption du cuivre, et est plutôt prescrit dans les formes pré-symptomatiques.
Il est à noter qu’une aggravation des symptômes peut survenir en début de traitement.
Enfin, la maladie peut également être traitée par transplantation hépatique.
Source
Communication du Dr Jean-Marc Trocello, lors des entretiens de Bichat, Paris, septembre 2008.