La prévention des infections nosocomiales est au cœur des préoccupations du ministère de la Santé. En effet, elles seraient encore à l’origine de 3 500 à 4 000 décès. Le 21 janvier 2009, Roselyne Bachelot a dressé un premier bilan encourageant sur les mesures et instruments de contrôle mis en place depuis 1997 et présenté la publication du tableau de bord des infections nosocomiales dans les établissements de santé.
Il s’avère qu’entre 2005 et 2008, 75 % des établissements de santé ont doublé leur consommation annuelle en volume de solutions hydro-alcooliques. Par ailleurs, 100 % des établissements de santé disposent d’un livret d’accueil présentant le programme de lutte contre les infections nosocomiales, ont organisé le signalement, installé une commission des anti-infectieux et rédigé des protocoles de bon usage des antibiotiques avec suivi de leur consommation (lutte contre l’antibiorésistance).
Le premier objectif de ce nouveau programme est d’étendre la prévention des infections associées aux soins (AIS) à tous les secteurs de soins (hôpital, médico-social, ville). Doivent être réduites :
– l’incidence des bactériémies associées aux cathéters veineux centraux (CVC) en réanimation (< 1/1 000 jours d’exposition aux CVC) ;
– l’incidence des infections du site opératoire pour 100 actes, pour les patients à faible risque en chirurgie programmée (– 30 %) ;
– l’incidence des accidents exposant au sang pour les personnels (– 20 %) pour 100 admissions ;
– l’incidence des SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) pour 1 000 journées d’hospitalisation (– 20 %) et maintien de la proportion des souches d’entérocoques faecium résistants aux glycopeptides inférieure à 2 %.
Le deuxième objectif concerne l’adaptation des programmes d’action aux spécificités des secteurs de soins et des catégories d’établissements ou de professionnels de santé. Pour ce faire, les agences régionales de santé (ARS) qui seront créées par la loi Hôpital patient santé territoire (discutée au Parlement en février 2009) veilleront « à la qualité et à la sécurité des actes médicaux, de la dispensation et de l’utilisation des produits de santé ainsi qu’aux prises en charge et accompagnements médicosociaux ». Dans cette logique, la mise en œuvre de la politique de prévention des IAS sera régionalisée.
Pour lutter plus efficacement contre les infections bactériennes, la sensibilisation sur la surconsommation d’antibiotiques, et le phénomène de surconsommation qu’elle entraîne, se poursuivra via un Plan pour la préservation de l’efficacité des antibiotiques. La consommation des enfants de moins de 6 ans est essentiellement visée.
Par ailleurs, le ministère de la Santé va mettre en place, dès mars 2009, une dizaine de nouveaux indicateurs, accessibles au grand public et qui permettront de mieux appréhender la qualité et la sécurité du système hospitalier.
Source
Conférence de presse de Roselyne Bachelot. Infections nosocomiales : nouvelles mesures de lutte et classement des établissements de santé. Mise en place des indicateurs de sécurité du patient et de qualité des soins. 21 janvier 2009.
cliquez ici