Le diabète de type 2 concernerait 94 % des diabétiques traités pharmacologiquement (en plus des mesures hygiénodiététiques).
On estime que, à l’exception de cas de diabète non traités, 2,4 à 2,7 millions de personnes seraient atteints de diabète de type 2, en France métropolitaine, fin 2006, avec une prévalence de 3 %.
En 2005, la prévalence de personnes traitées pour diabète était de 3,8 % de la population 1. En 5 ans, elle a augmenté de 38 %, soit 600 000 diabétiques sous traitement. Par ailleurs, dans les départements d’outre-mer, la prévalence du diabète (types 1 et 2) serait deux fois plus élevée qu’en métropole, et de nombreuses études suggèrent que les cas non dépistés sont également plus importants.
Les raisons de cette aggravation sont le vieillissement de la population (même si l’âge moyen de prise en charge est de 64/65 ans), l’élévation du nombre de personnes obèses en France, l’amélioration du suivi et du contrôle glycémique. De plus, le seuil glycémique à partir duquel on définit le diabète a été abaissé à 1,26 g/L depuis le début 2000, ce qui incite les praticiens à prescrire plus tôt un traitement médicamenteux.
Les études sur la consommation de soins des diabétiques en France divergent par le mode de recrutement des données (sur échantillon auprès de praticiens ou en fonction des traitements enregistrés par l’Assurance maladie). Il n’y a pas de distinction entre les deux types de diabète, toutefois la prépondérance du diabète de type 2 est démontrée.
Partant du principe qu’un diabétique léger n’ayant pas de prescription pharmacologique engendre moins de coûts en soins, Detournay et al. relèvent une homogénéité de la répartition des coûts par patient, à partir de différentes données depuis 1998 jusqu’à 2005. Le coût total varie de 3 064 € à 4 061 € (5 900 € lorsqu’il s’agit de patients pris en charge par l’assurance-maladie en affection de longue durée [ALD] pour diabète).
La moitié de cette charge peut être imputée aux frais d’hospitalisation ; un peu moins du tiers des dépenses relève de la pharmacie (traitements médicamenteux et dispositifs médicaux), les nouvelles thérapeutiques n’ont pas d’influence. Neuf à 15 % des frais sont attribuables aux consultations et examens complémentaires. Les soins paramédicaux représentent 7 à 14 % de ces coûts.
La charge financière engendrée par le diabète en France reste stable par patient. Cependant, en raison du nombre de plus en plus important de personnes prises en charge pharmacologiquement, le poids des dépenses de santé pour la prise en charge du diabète est en constante augmentation (+12 % en euros constants). Parallèlement, on relève une baisse des coûts engendrés par les complications : « la diminution des coûts liés aux complications observées peut être interprétée comme résultant de gains de productivité hospitaliers dans la prise en charge de ces complications, mais également des progrès résultant de l’amélioration du suivi et de l’intensification des thérapeutiques des diabétiques.2 »
Les auteurs encouragent les efforts en matière de prévention de l’obésité et l’amélioration de la prise en charge des patients diabétiques.